Innovation

Le saviez-vous?

Au Canada, les dépenses de R-D des entreprises, exprimées en pourcentage du PIB, sont parmi les plus faibles des pays comparables.

Le bilan de l’innovation mis en contexte

Signal49 Recherche définit l’innovation comme un processus permettant d’extraire une valeur économique ou sociale des connaissances – par la création, la diffusion et la transformation d’idées –, afin d’élaborer des produits, des services ou des procédés nouveaux ou améliorés.

Le Canada affiche un piètre bilan en matière d’innovation, ce qui explique en grande partie la médiocrité de sa productivité. Cette productivité déficiente, à son tour, affaiblit la compétitivité du Canada à l’échelle mondiale et se répercute sur le niveau et la qualité de vie au pays.

Comment mesure-t-on la performance en matière d’innovation?

Nous évaluons la performance au chapitre de l’’innovation à l’aide de 21 indicateurs regroupés en quatre catégories reflétant la création, la diffusion et la transformation d’idées. Cette année, nous avons ajouté onze nouveaux indicateurs qui évaluent : les dépenses de R-D des secteurs privé et public, l’investissement dans les technologies de l’information et des communications (TIC), la performance d’après les brevets, l’investissement en capital-risque, la création de nouvelles entreprises, la part d’articles ou d’études les plus souvent cités, les conditions de l’entrepreneuriat, la connectivité, les services gouvernementaux en ligne et les nouvelles entreprises qui déposent des brevets.

Quelle note obtient le Canada en matière d’innovation?

Pour l’innovation, le Canada se classe globalement 13e parmi les 16 pays comparés et continue de ne mériter qu’un « D ». Il obtient de piètres résultats pour la plupart des indicateurs, soit 13 « D », 2 « C » et 6 « B » et aucun « A ». Il ne dépasse la moyenne des 16 pays que pour six indicateurs, à savoir les articles les plus souvent cités, les conditions de l’entrepreneuriat, les services gouvernementaux en ligne, la densité de nouvelles entreprises, les articles scientifiques et les exportations dans l’industrie aérospatiale. Il obtient à peu près la moyenne au chapitre des dépenses publiques de R-D, mais se classe bien en deçà de la moyenne pour les 14 indicateurs restants, arrivant notamment à l’avant-dernier rang pour l’investissement en capital-risque.

Le Canada ne manque pas d’universités, d’écoles d’ingénieurs, d’hôpitaux universitaires et d’instituts de technologie de qualité. Le savoir scientifique qu’il produit est estimé partout dans le monde. Cependant, à quelques exceptions près, le Canada ne fait pas siennes les mesures que prennent d’autres pays pour commercialiser avec succès les résultats de leurs recherches et en exploiter l’atout concurrentiel par l’intermédiaire d’entreprises novatrices désireuses de se positionner sur le marché mondial. Les entreprises canadiennes sont donc rarement à la fine pointe de la technologie et accusent trop souvent un retard d’une génération ou plus sur les leaders mondiaux de l’industrie en termes de croissance de la productivité.

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Le faible rendement du Canada a-t-il de l’importance?

Le faible rendement du Canada a effectivement de l’importance. L’innovation est au cœur de toute économie très performante. Les pays qui se montrent plus innovateurs dépassent le Canada en ce qui a trait à divers indicateurs comme le revenu par habitant, la productivité et la qualité des programmes sociaux. L’innovation est aussi essentielle à la protection de l’environnement, à l’édification d’un système d’éducation supérieur, au bon fonctionnement d’un système de soins qui fait la promotion de la santé et à l’établissement d’une société ouverte. Sans innovation, tous ces éléments stagnent et le rendement du Canada se détériore par rapport à celui de pays semblables. Avec les nouveaux acteurs clés de l’économie mondiale tels que la Chine, l’Inde et le Brésil, les entreprises canadiennes doivent monter dans la chaîne des valeurs et se spécialiser dans des produits et services à haute teneur en savoir et à forte valeur ajoutée. Bien que le Canada possède quelques grandes sociétés compétitives sur le marché mondial, son économie n’est pas aussi innovatrice qu’elle pourrait l’être.

Comment le Canada peut-il devenir un ténor de l’innovation?

Au fil des ans, les universitaires, les regroupements sectoriels, les groupes de réflexion et les organismes gouvernementaux ont offert de nombreuses raisons pour expliquer le faible rendement du Canada sur le plan de l’innovation. La plupart de ces explications montraient du doigt les politiques publiques comme la fiscalité, les crédits d’impôt pour la R-D et la réglementation, ou des problèmes structurels du marché. Certaines organisations ont rejeté la faute sur un manque de capital-risque, de chercheurs, d’ingénieurs ou de dirigeants d’entreprise qualifiés. D’autres se sont penchées sur l’attitude des entreprises et des entrepreneurs, notamment la volonté de la direction à prendre des risques ou à bâtir de grandes entreprises concurrentielles à l’échelle mondiale. Mais leurs études ont été limitées par le manque de données. Par conséquent, davantage de conclusions ont été tirées sur la base de croyances et d’opinions, plutôt qu’en fonction de preuves réelles.