
Travailler autrement
Envisager le travail autonome comme moyen d’intégrer les Canadiens neuroatypiques

English • 5 février 2025

Le travail autonome peut-il offrir aux Canadiens neuroatypiques des carrières gratifiantes?
Les adultes neuroatypiques qui se heurtent à des obstacles en matière d’accès à un emploi traditionnel peuvent tirer parti de leurs compétences et de leurs talents particuliers dans le cadre d’un travail autonome.
Lors de nos prochains travaux de recherche, nous souhaitons déterminer quels soutiens, compétences et ressources peuvent aider les Canadiens neuroatypiques à réussir à titre de travailleurs indépendants.
Les résultats de ce projet permettront :
- d’établir quelles aptitudes, compétences et ressources permettent aux personnes neuroatypiques de réussir dans le cadre d’un travail à leur propre compte;
- d’examiner les obstacles au travail autonome auxquels sont confrontés les adultes neuroatypiques;
- de fournir des recommandations pour le développement de mesures de soutien et de programmes d’entrepreneuriat et de travail autonome adaptés aux besoins des personnes neuroatypiques.

Qu’est-ce qui peut aider les personnes neuroatypiques à s’épanouir en tant qu’entrepreneurs?
Bien que les études démontrent la valeur des milieux de travail neurodivers1, beaucoup de personnes neuroatypiques ont du mal à trouver et à garder un emploi traditionnel. Le taux de chômage de certains groupes neuroatypiques est alarmant. Par exemple, le taux d’emploi rapporté par les Canadiens autistes est bien inférieur à la moyenne – seuls 31 % des adultes canadiens autistes avaient un emploi en 20172, contre 59 % des Canadiens ayant une incapacité et 80 % des Canadiens neurotypiques, sans incapacité3. En 2023, les taux d’emploi ont augmenté pour les Canadiens âgés de 24 à 55 ans, mais les écarts persistent pour les personnes ayant une incapacité : les hommes ont un taux d’emploi inférieur de 17 % à celui de leurs pairs sans incapacité, tandis que cet écart est de 11,3 % pour les femmes4.

Les personnes neuroatypiques apportent à la population active des compétences uniques qui peuvent constituer un avantage concurrentiel5. Voici quelques-uns des profils de compétences associés aux neurominorités6 :
- dyscalculie : pensée innovante et compétences verbales;
- dyslexie : pensée visuelle, créativité et compétences mécaniques en 3D;
- TDAH : créativité, hyperconcentration, énergie et passion;
- syndrome de Gilles de la Tourette : capacités d’observation, contrôle cognitif et créativité;
- neurodiversité acquise : adaptabilité et empathie;
- troubles mentaux : profondeur de la pensée et de l’expression;
- trouble développemental de la coordination : aptitudes verbales, empathie et intuition.
Ces ensembles de compétences peuvent grandement contribuer au démarrage et à la pérennisation d’un travail autonome ou d’un projet entrepreneurial7. Il peut s’avérer gratifiant pour les personnes neuroatypiques qui éprouvent des difficultés dans les milieux de travail traditionnels d’exploiter leurs compétences dans le cadre d’un travail à leur propre compte.
Des aides personnalisées à l’entrepreneuriat pourraient-elles contribuer à combler les lacunes en matière de participation à la vie active?
Les programmes d’entrepreneuriat peuvent jouer un rôle essentiel en aidant les groupes en quête d’équité à acquérir les compétences, les réseaux et le financement dont ils ont besoin pour prospérer en tant que travailleurs indépendants8. Au Canada, des programmes d’entrepreneuriat ont été développés pour d’autres groupes en quête d’équité dont les taux d’emploi sont inférieurs à la moyenne, tels que les Canadiens autochtones, les nouveaux arrivants au Canada, les Canadiens noirs et les Britannocolombiens ayant une incapacité. Cependant, il n’existe pas encore d’initiatives spécialement conçues pour répondre aux besoins des personnes neuroatypiques. L’élaboration de mesures de soutien à l’entrepreneuriat peut offrir à un plus grand nombre de Canadiens neuroatypiques des possibilités accrues de mener des carrières épanouissantes, de stimuler l’innovation et de contribuer à l’économie9.
En savoir plus
Cette étude examinera les meilleures pratiques dans le domaine et offrira des informations s’appuyant sur des données afin d’aider les décideurs politiques et les intervenants à définir des voies d’accès au travail autonome pour les entrepreneurs neuroatypiques.
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12 novembre 2024 • Lecture de 11 min
Si vous désirez en savoir davantage sur cette recherche, veuillez contacter la chercheuse principale de l’étude, Jennifer Fane, chercheuse en chef, Éducation et compétences, à l’adresse [email protected].
- Hutchison, Jane, Faire tomber les barrières : améliorer l’expérience au travail des personnes neuroatypiques au Canada, Ottawa, Signal49 Recherche, 2023.
- Statistique Canada, « Infographie : Incapacités ou troubles du développement au Canada – Faits saillants de l’Enquête canadienne sur l’incapacité de 2017 », gouvernement du Canada, dernière modification le 29 mars 2021.
- Statistique Canada, « Nouvelles données sur les incapacités au Canada, 2017 », gouvernement du Canada, dernière modification le 28 novembre 2018.
- Statistique Canada, « Caractéristiques de l’activité sur le marché du travail des personnes ayant une incapacité et sans incapacité en 2022 : résultats de l’Enquête sur la population active », 2023.
- Robert D. Austin et Gary P. Pisano, « Neurodiversity as a Competitive Advantage », Harvard Business Review, mai-juin 2017.
- Nancy Doyle, « Neurodiversity at work: a biopsychosocial model and the impact on working adults », British Medical Bulletin, vol. 135, no 1, septembre 2020, p. 108 à125.
- Dinah Bennett et Yolanda K. Gibb, « Creating support ecosystems », Entrepreneurship, neurodiversity & gender, juillet 2022, p. 95 à 116.
- Michael S. Barr, Minority and Women Entrepreneurs: Building Capital, Networks, and Skills, The Brookings Institution, mars 2015.
- Somrudee Tiasakul, Ramy Abdulzaher et Carlos Bazan, « Accessibility of Entrepreneurship Training Programs for Individuals with Disabilities: A Literature Review », Administrative Sciences, vol. 14, no 8, 2024, p. 187.
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