De nouveaux arrivants qui changent la donne

Tableau de bord de l’utilisation des compétences des immigrants

En partenariat avec le Centre des Compétences futures

English |  16 avril 2026

Principales conclusions 

  • La surqualification est la forme la plus marquée de sous-utilisation des compétences des immigrants et des citoyens nés au Canada. Par contre, ce type d’inadéquation en matière de compétences est 1,8 fois plus courant au sein de la population immigrante.
  • Le travail à temps partiel non choisi est la deuxième forme la plus répandue de sous-utilisation des compétences au Canada. Les immigrants sont 1,7 fois plus susceptibles de se retrouver en situation de temps partiel non choisi que les citoyens nés au Canada.
  • Même si le travail temporaire ne constitue pas un cas courant de sous-utilisation des compétences au Canada, certains groupes en font l’expérience différemment. Les immigrants occupent plus souvent des emplois à durée déterminée ou à contrat, tandis que les citoyens nés au Canada occupent plus souvent des emplois saisonniers.
  • Les progrès réalisés par les municipalités au chapitre de l’utilisation des compétences des immigrants entre 2022 et 2024 ont été mitigés. La plupart des municipalités se situent toujours dans la moyenne. La note de certaines municipalités s’est améliorée, mais la note d’autres municipalités s’est détériorée. Pour améliorer l’utilisation des compétences des immigrants à l’échelle du Canada, il faudra mettre en place des mesures ciblées dans les municipalités qui ont obtenu les résultats les plus faibles.
  • La surqualification est la forme la plus marquée de sous-utilisation des compétences des immigrants et des citoyens nés au Canada. Par contre, ce type d’inadéquation en matière de compétences est 1,8 fois plus courant au sein de la population immigrante.

Tout le monde y perd lorsque les compétences des immigrants sont sous-utilisées

Le Canada accorde depuis longtemps la priorité aux immigrants hautement qualifiés et diplômés lors de l’octroi de la résidence permanente. Pourtant, une fois arrivés, beaucoup d’immigrants se retrouvent sans emploi ou occupent un emploi qui exige un niveau de qualification inférieur au leur. La sous-utilisation des compétences des immigrants devrait contribuer à des pertes économiques de 11 milliards de dollars d’ici 2040 au Canada, selon les taux de postes vacants enregistrés entre 2015 et 20191.

Pour contribuer à résoudre ce problème, nous avons élaboré le tableau de bord de l’utilisation des compétences des immigrants en partenariat avec le Centre des Compétences futures. Notre tableau de bord évalue dans quelle mesure les municipalités tirent parti des compétences des résidents permanents et des citoyens naturalisés. Les municipalités peuvent utiliser ces résultats pour suivre leurs progrès au fil du temps.

Nous nous concentrons sur trois secteurs où la sous-utilisation des compétences des immigrants se manifeste de différentes manières : la santé, la construction, et l’hébergement et les services de restauration. Pour obtenir des analyses approfondies et des recommandations ciblées, consultez nos exposés des enjeux pour les secteurs de la santé, de la construction, et de l’hébergement et des services de restauration. Pour connaître les résultats pour l’ensemble du Canada dans différents secteurs, lisez la suite.

Comment nous avons évalué la sous-utilisation des compétences

Télécharger notre méthodologie.

La sous-utilisation des compétences revêt deux formes : l’inadéquation en matière de compétences et le gaspillage de compétences.

On parle d’inadéquation des compétences lorsqu’une personne occupe un emploi exigeant un niveau de qualification inférieur au sien, comme un ingénieur mécanique qui est chauffeur de taxi. Nous avons mesuré cet indicateur en calculant la proportion des travailleurs qui sont surqualifiés pour l’emploi qu’ils occupent.

On parle de gaspillage de compétences lorsqu’une personne ne peut pas trouver d’emploi, qu’elle occupe un emploi précaire ou qu’elle travaille moins d’heures qu’elle le souhaiterait. Pour cet indicateur, nous avons calculé la proportion des personnes en âge de travailler : a) au chômage, b) occupant un emploi temporaire, ou c) en situation de temps partiel non choisi.

À partir des données tirées de l’Enquête sur la population active de Statistique Canada, nous avons examiné ces enjeux séparément pour les immigrants et les citoyens nés au Canada afin d’obtenir un portrait de chaque groupe sur le marché du travail. Notre analyse, qui couvre la période de 2022 à 2024, porte sur les personnes en âge de travailler (15 à 64 ans) de 28 subdivisions de recensement pour lesquelles des données sont disponibles. Par souci de concision, nous appelons ces subdivisions « municipalités ».

Interprétation des résultats

Il convient de tenir compte de plusieurs facteurs lors de l’interprétation des résultats :

  1. Comme prévu, la plupart des municipalités ont obtenu B ou C pour 2022, notre année de référence. Dans le tableau de bord, les notes attribuées pour 2023 et 2024 reflètent les variations par rapport à la moyenne de 2022, c’est-à-dire l’amélioration ou la détérioration des résultats des municipalités. Si toutes les municipalités avaient obtenu de meilleurs résultats, elles auraient toutes reçu la note A ou B. Si toutes les municipalités avaient obtenu des résultats inférieurs, elles auraient toutes reçu la note C ou D. Un mélange de notes A, B, C et D signifie que certains résultats sont meilleurs et que d’autres sont inférieurs. Pour obtenir plus de détails, consultez notre méthodologie.
  2. Les variations de notes n’indiquent pas pourquoi l’utilisation des compétences s’est améliorée ou détériorée. Dans le tableau de bord, les notes reflètent l’utilisation des compétences de l’ensemble des immigrants d’une municipalité à un moment donné. Les résidents de longue date et les nouveaux arrivants sont inclus. Les variations des notes pourraient refléter des changements dans l’appariement des emplois pour les immigrants déjà installés, des différences dans le taux d’utilisation des compétences des nouveaux immigrants, ou encore des changements dans la composition de la population.
  3. Des changements ont été apportés aux politiques d’immigration au cours de la période étudiée, mais leur impact n’est pas encore connu. Par exemple, un système de sélection par catégories a été mis en place afin de faciliter l’accès à la résidence permanente pour les immigrants possédant de l’expérience dans les domaines de la santé, des sciences, de la technologie, de l’ingénierie et des mathématiques, des métiers spécialisés et des transports. L’Ontario a également adopté une loi interdisant à plus de 30 professions réglementées d’exiger une expérience professionnelle acquise au Canada pour l’octroi d’un permis d’exercice. Ces deux mesures ont peut-être aidé les immigrants à trouver des emplois mieux adaptés à leurs qualifications. Cependant, en l’absence de données permettant de mesurer l’impact de ces mesures, nous ne pouvons pas déterminer comment elles ont influencé les notes du tableau de bord.
  4. Les déplacements entre le domicile et le lieu de travail ont une incidence sur les résultats des municipalités, car les données ont été déclarées en fonction du lieu de résidence des personnes et non du lieu de leur travail. Par conséquent, les données des personnes qui résident et travaillent dans deux municipalités différentes pour une année donnée sont incluses dans le calcul des résultats de la municipalité dans laquelle elles résident.

Les résultats de la plupart des municipalités sont moyens

En 2024, la plupart des municipalités ont obtenu des résultats moyens : 36 % des municipalités pour lesquelles des données étaient disponibles ont obtenu la note B, et 54 % ont obtenu la note C (voir le Tableau 1). Seule la municipalité de Vaughan, en Ontario, a obtenu la note A. Regina, en Saskatchewan, et Moncton, au Nouveau-Brunswick, ont obtenu la note D. En 2022 et 2023, les notes B et C étaient réparties de manière à peu près égales d’une municipalité à l’autre. Aucune municipalité n’a obtenu une note de A ou D.

Les progrès ont été mitigés entre 2022 et 2024. Les résultats de trois des municipalités qui disposaient de données sur au moins trois des quatre types d’utilisation des compétences examinés se sont améliorés, ceux de cinq municipalités se sont détériorés, et ceux des autres sont restés inchangés (Graphique 1).

En raison de notre méthodologie, il était prévu que les notes des municipalités pour 2022 soient B ou C. Le tableau de bord met l’accent sur l’évolution des notes entre 2022 et 2024. Quelles sont les municipalités qui ont obtenu des notes différentes en 2023 ou en 2024? Nous avons constaté que les progrès réalisés en 2024 ont été modestes. Des mesures ciblées seront nécessaires pour permettre aux municipalités ayant une note de B ou de C d’améliorer leur note.

Tableau 1

Notes du tableau de bord de l’utilisation des compétences des immigrants

Province Municipalité
2022 2023 2024
Colombie-Britannique Abbotsford Aucune donnée Aucune donnée B*
Colombie-Britannique Burnaby B* C B*
Colombie-Britannique Surrey B* B B
Colombie-Britannique Vancouver B C B
Alberta Calgary C C C
Alberta Edmonton C C C
Saskatchewan Regina C* C D
Saskatchewan Saskatoon C B C
Manitoba Winnipeg B B B
Ontario Brampton B B* C
Ontario Hamilton B* C* C
Ontario Kitchener B* C* B*
Ontario London C* C* C
Ontario Markham C B B*
Ontario Mississauga C B C
Ontario Ottawa C B B
Ontario Toronto C C C
Ontario Vaughan B* B* A*
Québec Gatineau B* B* B*
Québec Laval B* B* B*
Québec Longueuil B* C* C*
Québec Montréal C B C
Québec Québec Aucune donnée B* C*
Nouvelle-Écosse Halifax B C* C
Île-du-Prince-Édouard Charlottetown C* C* C*
Nouveau-Brunswick Moncton Aucune donnée C* D*
Nouveau-Brunswick Saint John Aucune donnée Aucune donnée C*
Terre-Neuve-et-Labrador St. John’s Aucune donnée Aucune donnée C*

Remarque : Les notes qui sont fondées sur trois indicateurs sont indiquées par un astérisque (*). Toutes les autres notes sont fondées sur quatre indicateurs. Pour obtenir plus de renseignements, veuillez consulter la méthodologie.
Sources : Statistique Canada; Signal49 Recherche.

Graphique 1

De 2022 à 2024, les progrès réalisés par les municipalités ont été mitigés, les cas de détérioration étant presque aussi fréquents que les cas d’amélioration

(nombre de municipalités, variation de 2022 à 2024)

Sources : Statistique Canada; Signal49 Recherche.

Les notes varient d’une province à l’autre (Graphique 2). L’Ontario est la seule province ayant une municipalité dont la note est A. La Saskatchewan et le Nouveau-Brunswick comptent des municipalités ayant obtenu la note D. En Colombie-Britannique et au Manitoba, la majeure partie des municipalités ont obtenu la note B, tandis qu’au Québec, certaines municipalités ont obtenu la note B et d’autres, la note C. En Alberta et dans les provinces de l’Atlantique, la plupart des municipalités ont obtenu la note C.

Graphique 2

En 2024, l’Ontario est la seule province à avoir obtenu la note A, et la Saskatchewan et le Nouveau-Brunswick sont les seules provinces à avoir obtenu la note D

(% de municipalités, 2024)

Sources : Statistique Canada; Signal49 Recherche.

La taille de la municipalité semble avoir une incidence sur l’utilisation des compétences des immigrants (Graphique 3). Les grandes municipalités ont obtenu des résultats moyens : un tiers d’entre elles ont obtenu la note B et les autres ont obtenu la note C. Les municipalités de taille moyenne ont affiché les écarts les plus marqués : elles comptent la seule municipalité notée A, un nombre à peu près égal de municipalités notées B et C, et une seule municipalité notée D. Ce sont les petites municipalités qui ont obtenu les moins bons résultats. L’une d’entre elles a obtenu la note C et une autre, la note D.

Graphique 3

En 2024, l’utilisation des compétences des immigrants a été la moins élevée dans les petites municipalités et a été la plus élevée dans les municipalités de taille moyenne

(% de municipalités, 2024)

Sources : Statistique Canada; Signal49 Recherche.

La surqualification est la principale cause de sous-utilisation des compétences des immigrants

En 2024, le principal enjeu lié à la sous-utilisation des compétences des immigrants a été la surqualification, ou l’inadéquation en matière de compétences (Graphique 4). Le deuxième enjeu a été le temps partiel non choisi, qui est une forme de gaspillage de compétences.

Les citoyens nés au Canada ont également été confrontés à ces problèmes, mais dans une moindre mesure : les immigrants étaient 1,8 fois plus susceptibles d’être surqualifiés pour leur emploi et 1,7 fois plus susceptibles d’être en situation de temps partiel non choisi. En revanche, les deux groupes ont affiché des taux de chômage et d’emploi temporaire similaires2.

Les efforts visant à mieux utiliser les compétences des immigrants doivent s’articuler autour de deux axes principaux : la reconnaissance des diplômes obtenus à l’étranger et l’aide pour trouver un emploi à temps plein.

Graphique 4

Pour 2024, la surqualification et le temps partiel non choisi sont les principaux enjeux relatifs à l’utilisation des compétences des immigrants

(% de sous-utilisation des compétences, 2024)

Remarque : Le d de Cohen est un indicateur qui mesure l’ampleur de l’écart entre deux proportions. Les valeurs inférieures à 0,20 correspondent à un écart négligeable. Les valeurs comprises entre 0,20 et 0,49 correspondent à un faible écart. Les valeurs comprises entre 0,50 et 0,79 correspondent à un écart moyen. Tous les écarts sont statistiquement significatifs (*). Pour obtenir plus de renseignements, veuillez consulter la méthodologie.
Sources : Statistique Canada; Signal49 Recherche.

Il y a des écarts au chapitre de l’inadéquation en matière de compétences entre les deux groupes lorsque le degré de scolarisation est élevé

Nous avons vu, au Graphique 4, que la surqualification était la principale cause de sous-utilisation des compétences des immigrants sur le marché du travail en 2024. En ventilant ces données par degré de scolarisation, nous avons constaté que les immigrants titulaires d’un baccalauréat présentaient les taux de surqualification les plus élevés (Graphique 5).

Si nous comparons les résultats des immigrants et ceux des citoyens nés au Canada, l’écart le plus important est observé chez les personnes titulaires d’un diplôme universitaire supérieur au baccalauréat. En 2024, les immigrants entrant dans cette catégorie étaient 2,3 fois plus susceptibles d’être surqualifiés que les citoyens nés au Canada. Les immigrés titulaires d’un baccalauréat étaient 1,5 fois plus susceptibles d’être surqualifiés pour leur emploi 3.

Les immigrants les plus diplômés du Canada sont ceux qui accusent le plus grand retard par rapport aux citoyens nés au Canada en ce qui concerne l’accès à un emploi à la hauteur de leurs compétences.

Graphique 5

En 2024, les immigrants titulaires d’un diplôme universitaire présentaient un taux de surqualification plus élevé que les citoyens nés au Canada

(% de personnes surqualifiées, 2024)

Remarque : Le d de Cohen est un indicateur qui mesure l’ampleur de l’écart entre deux proportions. Les valeurs inférieures à 0,20 correspondent à un écart négligeable. Les valeurs comprises entre 0,20 et 0,49 correspondent à un faible écart. Les écarts statistiquement significatifs sont indiqués par un astérisque (*). Pour obtenir plus de renseignements, veuillez consulter la méthodologie.
Sources : Statistique Canada; Signal49 Recherche.

L’inadéquation en matière de compétences varie d’une municipalité à l’autre

Nous avons constaté qu’un plus grand nombre d’immigrants que de citoyens nés au Canada sont en situation d’inadéquation en matière de compétences, et ce, dans toutes les municipalités étudiées et pour l’ensemble du pays. Par contre, les résultats des citoyens nés au Canada varient d’une région à l’autre (Graphique 6).

Les municipalités des provinces de l’Atlantique affichent des écarts allant de négligeables à importants. En Ontario, les écarts sont négligeables ou faibles, tandis qu’au Québec, ils sont faibles dans l’ensemble. En Colombie-Britannique, les écarts sont faibles à moyens, tandis que dans les Prairies, ils sont pour la plupart moyens ou importants. Veuillez consulter notre méthodologie pour savoir comment nous avons calculé les écarts entre les groupes.

Graphique 6

En 2024, les immigrants affichaient des taux de surqualification plus élevés que les citoyens nés au Canada dans toutes les municipalités, mais des variations régionales ont été constatées

(% d’écart entre les taux de surqualification, à l’avantage des citoyens nés au Canada, pour 2024)

Remarque : Le d de Cohen est un indicateur qui mesure l’ampleur de l’écart entre deux proportions. Les valeurs inférieures à 0,20 correspondent à des écarts négligeables. Elles ne portent aucune indication. Les valeurs de 0,20, 0,50 et 0,80 représentent un écart faible (f), moyen (m) et important (i), respectivement. Les écarts statistiquement significatifs sont indiqués par un astérisque (*). Pour obtenir plus de renseignements, veuillez consulter la méthodologie.
Sources : Statistique Canada; Signal49 Recherche.

Dans toutes les municipalités, les immigrants sont surreprésentés parmi les travailleurs en situation de temps partiel non choisi

En 2024, les immigrants ont été plus nombreux à être en situation de temps partiel non choisi, et ce, dans toutes les municipalités. Par contre, les citoyens nés au Canada n’ont bénéficié d’un avantage significatif que dans environ la moitié de ces municipalités. (Voir le Graphique 7 et notre méthodologie.) De nombreuses municipalités ont été exclues de cette analyse en raison de restrictions en matière de communication des données, ce qui limite la portée de nos conclusions.

Graphique 7

En 2024, dans toutes les municipalités, le taux de temps partiel non choisi était plus élevé chez les immigrants que chez les citoyens nés au Canada

(% d’écart entre les taux de temps partiel non choisi, à l’avantage des citoyens nés au Canada, pour 2024)

Remarque : Le d de Cohen est un indicateur qui mesure l’ampleur de l’écart entre deux proportions. Les valeurs inférieures à 0,20 correspondent à des écarts négligeables. Elles ne portent aucune indication. Les valeurs comprises entre 0,20 et 0,49 correspondent à un écart faible. Aucun de ces écarts n’était statistiquement significatif. Pour obtenir plus de renseignements, veuillez consulter la méthodologie.
Sources : Statistique Canada; Signal49 Recherche.

Les immigrants sont plus nombreux à occuper un emploi à durée déterminée ou à contrat

Le Graphique 4 montre qu’en 2024, les immigrants et les citoyens nés au Canada affichaient des taux d’emploi temporaire similaires. Cependant, le Graphique 8 montre que les deux groupes occupaient des types d’emplois temporaires différents. Les immigrants étaient 1,2 fois plus susceptibles d’occuper un emploi à durée déterminée ou à contrat, tandis que les citoyens nés au Canada étaient 2,2 fois plus susceptibles d’avoir un emploi saisonnier4.

La proportion inférieure d’immigrants occupant un emploi saisonnier pourrait laisser croire que leur situation est moins précaire que celle des citoyens nés au Canada, car les emplois à durée déterminée et à contrat peuvent offrir une voie plus claire vers un emploi permanent que les emplois saisonniers. Cependant, une autre explication pourrait être plus pertinente. Notre analyse exclut les résidents temporaires, qui représentent une part importante de la main-d’œuvre saisonnière au Canada. Par exemple, en 2022, près d’un travailleur agricole sur quatre était un immigrant occupant un travail temporaire 5. En 2023, la plupart des travailleurs étrangers temporaires étaient des ouvriers agricoles polyvalents et d’autres emplois saisonniers figuraient parmi les quinze principaux emplois temporaires (p. ex., ouvriers de la construction, entrepreneurs de service agricole)6. Une recherche plus approfondie sera nécessaire pour comprendre les écarts que nous avons observés.

Même si les taux d’emploi occasionnel et d’autres formes d’emploi temporaire sont similaires pour les deux groupes, les immigrants sont plus nombreux à occuper un emploi à durée déterminée ou à contrat, ce qui montre qu’ils se heurtent à des obstacles pour accéder à un emploi stable.

Graphique 8

En 2024, les immigrants étaient plus susceptibles que les citoyens nés au Canada d’occuper un emploi à durée déterminée ou à contrat

(% de travailleurs occupant un emploi temporaire, 2024)

Remarque : Le d de Cohen est un indicateur qui mesure l’ampleur de l’écart entre deux proportions. Les valeurs inférieures à 0,20 correspondent à un écart négligeable. Les valeurs comprises entre 0,20 et 0,49 correspondent à un faible écart. Les écarts statistiquement significatifs sont indiqués par un astérisque (*). Pour obtenir plus de renseignements, veuillez consulter la méthodologie.
Sources : Statistique Canada; Signal49 Recherche.

Les immigrants sont particulièrement surreprésentés parmi les personnes occupant un emploi à durée déterminée et à contrat à Longueuil, et sous-représentés dans ces mêmes catégories à Charlottetown

Nous avons constaté que les immigrants sont 1,2 fois plus susceptibles d’occuper un emploi à durée déterminée ou à contrat que les citoyens nés au Canada. En ventilant ces données par municipalité, nous avons constaté des variations importantes dans les écarts entre les groupes (Graphique 9). C’est à Longueuil que l’écart en faveur des citoyens nés au Canada le plus important a été constaté. Dans cette municipalité, le taux d’emploi à durée déterminée et à contrat est 1,5 fois plus élevé chez les immigrants. Les immigrants sont également surreprésentés parmi les personnes ayant un travail à durée déterminée et à contrat à Brampton, à Hamilton, à St. John’s, à Gatineau et à Québec, bien que dans une moindre mesure.

À l’inverse, un écart important en faveur des immigrants est observable à Charlottetown. Les taux d’emploi à durée déterminée et à contrat y sont 1,5 fois plus élevés chez les citoyens nés au Canada.

Graphique 9

En 2024, les immigrants étaient plus susceptibles que les citoyens nés au Canada d’occuper un emploi à durée déterminée ou à contrat contrat dans la plupart des municipalités

(% d’écart entre le nombre d’immigrants et le nombre de citoyens nés au Canada occupant un emploi à durée déterminée ou à contrat en 2024; les valeurs supérieures à zéro sont à l’avantage des citoyens nés au Canada, tandis que celles inférieures à zéro sont à l’avantage des immigrants)

Remarque : Le d de Cohen est un indicateur qui mesure l’ampleur de l’écart entre deux proportions. Les valeurs inférieures à 0,20 correspondent à des écarts négligeables. Elles ne portent aucune indication. Les valeurs comprises entre 0,20 et 0,49 correspondent à un écart faible (f). Les valeurs comprises entre 0,50 et 0,79 correspondent à un écart moyen (m). Aucun de ces écarts n’était statistiquement significatif. Pour obtenir plus de renseignements, veuillez consulter la méthodologie.
Sources : Statistique Canada; Signal49 Recherche.

Aperçu de la main-d’œuvre immigrante à temps partiel

Notre analyse de la sous-utilisation des compétences des immigrants prend en compte le travail à temps partiel non choisi. Les travailleurs en situation de travail à temps partiel non choisi sont des personnes qui travaillent moins de 30 heures par semaine en raison d’une conjoncture défavorable ou parce qu’elles n’ont pas pu trouver d’emploi à temps plein. Notre analyse tient également en compte des personnes qui ont opté pour le travail à temps partiel, soit par choix, soit parce qu’elles ont d’autres obligations (p. ex., prise en charge d’une personne, études). Bien que cet indicateur d’emploi à temps partiel « volontaire » n’entre pas en ligne de compte dans l’établissement des résultats du tableau de bord, il met en évidence des différences intéressantes quant aux motivations qui poussent les personnes à opter pour un travail à temps partiel. Comprendre ces différences peut contribuer à améliorer les perspectives d’emploi de tous les immigrants, et non uniquement celles des immigrants dont les compétences sont sous-utilisées.

Lorsque nous comparons les raisons pour lesquelles les personnes choisissent le travail à temps partiel, les immigrants invoquent davantage la prise en charge d’un proche ou des obligations personnelles, tandis que les citoyens nés au Canada invoquent davantage les études (Graphique 10)7.

Graphique 10

En 2024, les immigrants étaient plus susceptibles que les citoyens nés au Canada de citer la prise en charge d’un proche ou les obligations personnelles comme raison de leur emploi à temps partiel

(% de personnes travaillant à temps partiel, 2024)

Remarque : Le d de Cohen est un indicateur qui mesure l’ampleur de l’écart entre deux proportions. Les valeurs inférieures à 0,20 correspondent à un écart négligeable. Les valeurs comprises entre 0,20 et 0,49 correspondent à un faible écart. Les écarts statistiquement significatifs sont indiqués par un astérisque (*). Pour obtenir plus de renseignements, veuillez consulter la méthodologie.
Sources : Statistique Canada; Signal49 Recherche.

Renseignements sectoriels

Les immigrants jouent un rôle essentiel sur le marché du travail canadien. En 2024, ils représentaient 20 % des travailleurs à temps plein dans le secteur de la construction, 30 % des travailleurs à temps plein dans le secteur de la santé et 38 % des travailleurs à temps plein dans le secteur de l’hébergement et des services de restauration.

Par contre, les compétences de bon nombre d’entre eux étaient sous-utilisées dans ces secteurs. Les immigrants étaient bien plus susceptibles d’être surqualifiés pour leur emploi que les citoyens nés au Canada : 2,6 fois plus dans le secteur de la construction, 2,2 fois plus dans celui de la santé et 1,4 fois plus dans celui de l’hébergement et des services de restauration. Ils étaient également confrontés à des taux plus élevés de travail à temps partiel non choisi : 1,8 fois plus élevés dans le secteur de la construction et 1,6 fois plus élevés dans celui de la santé.

Les obstacles à l’emploi qui freinent l’utilisation des compétences des immigrants varient d’un secteur à l’autre. Pour obtenir une analyse approfondie et des stratégies sur mesure visant à surmonter ces obstacles, consultez nos exposés des enjeux des secteurs de la santé (à paraître), de la construction (à paraître), et de l’hébergement et des services de restauration (à paraître).

Cette recherche a été réalisée grâce au soutien financier du Centre des Compétences futures du gouvernement du Canada. Signal49 Recherche est un fier partenaire de recherche du consortium du Centre des Compétences futures.

Plusieurs membres de l’équipe de Signal49 Recherche ont contribué à cette recherche. Lauren Hamman, codirectrice, a supervisé l’ensemble du processus de recherche. Stein Monteiro, associé principal de recherche, Bronwen Perley-Robertson, chercheuse principale, et Federica Guccini, chercheuse, ont mené cette recherche. Stefan Fournier, directeur général, a commenté les premières ébauches. Cette expérience en ligne a été conçue par l’équipe des services de conception de Signal49 Recherche.

Nous souhaitons également remercier les membres du comité consultatif de la recherche qui ont soutenu cette recherche :

  • Henry Akanko, directeur, Embauche Immigrants Ottawa
  • Rupa Banerjee, titulaire d’une chaire de recherche du Canada, Université métropolitaine de Toronto
  • Laurie Beckstead, directrice des programmes, Fonds d’emprunt communautaire d’Ottawa
  • Bianca Cooper, directrice générale, Impact Drywall Inc.
  • Joëlle Cupidon, directrice, Ressources humaines et culture, Excellence en santé Canada
  • Evan Hazenberg, directeur de la recherche, RH Tourisme Canada
  • Jasmine Qi, Inclusion de la main-d’œuvre, RH Tourisme Canada
  • Donald Guse Salah, directeur, Restaurants Canada
  • Dale Schierbeck, expert indépendant en santé
  • Carol Yuan, liaison en matière d’emploi, BC Construction Association

Consulter la méthodologie :


  1. Le Conference Board du Canada, « The Future of Work: Addressing Skill Imbalances in Canada », 2024, https://fsc-ccf.ca/wp-content/uploads/2024/12/the-future-of-work_2024.pdf.
  2. Ces écarts entre les immigrants et les citoyens nés au Canada étaient statistiquement significatifs, mais leur ampleur était variable. Nous avons observé un écart moyen au chapitre de la surqualification (d = 0,57), un faible écart au chapitre du temps partiel non choisi (d = 0,26), et un écart négligeable au chapitre du chômage (d = 0,07) et des emplois temporaires (d = 0,02). Pour obtenir plus de renseignements, veuillez consulter la méthodologie.
  3. Ces écarts étaient statistiquement significatifs et faibles (d = 0,35 et 0,46). Les immigrants ayant fait des études secondaires et certaines études postsecondaires ont également affiché des taux de surqualification nettement plus élevés que les citoyens nés au Canada, mais les écarts étaient négligeables (d = 0,13 et 0,19). L’écart entre les deux groupes au chapitre des personnes qui ont fait certaines études postsecondaires était non significatif et négligeable (d = 0,06). Pour obtenir plus de renseignements, veuillez consulter la méthodologie.
  4. Ces écarts entre les groupes étaient statistiquement significatifs (légers écarts : d = 0,20 et 0,35). Pour obtenir plus de renseignements, veuillez consulter la méthodologie.
  5. Statistique Canada, « Coup d’œil sur les personnes qui travaillent en agriculture », 18 avril 2024. https://www.statcan.gc.ca/o1/fr/plus/6075-coup-doeil-sur-les-personnes-qui-travaillent-en-agriculture.
  6. CBC News, « From Fast Food to Construction, Employers Turn More and More to Temporary Foreign Workers », 24 juin 2024. https://www.cbc.ca/news/canada/calgary/temporary-foreign-workers-1.7240374.
  7. Ces écarts entre les groupes étaient statistiquement significatifs (faibles écarts : d = 0,20 et 0,20). Les citoyens nés au Canada étaient nettement plus susceptibles de travailler à temps partiel par choix personnel, mais l’écart entre les deux groupes était négligeable (d = 0,14). L’écart entre les groupes au chapitre du travail à temps partiel pour cause de maladie ou d’incapacité n’était pas significatif et était négligeable (d = 0,03). Pour obtenir plus de renseignements, veuillez consulter la méthodologie.


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Signal49 Recherche assume l’entière responsabilité des résultats et conclusions de cette recherche.